Je suis devenue flexitarienne

Depuis plusieurs années, je remets en question mon alimentation. Ayant été élevée dans une culture "carnivore", où on nous dit qu'il faut manger au moins une viande par repas, j'ai réalisé que nous avions de nombreuses idées reçues sur l'alimentation. Je me suis ainsi beaucoup renseignée pour mieux comprendre ce dont mon organisme avait besoin et comment le lui procurer, dans le but de déstructurer mes pensées initiales pour ré-apprendre à m'alimenter. Avec une question primordiale : la viande est-elle tant indispensable ?

Je me suis donc intéressée aux autres régimes alimentaires, notamment végétarien et végétalien, que je connaissais peu jusqu'alors ; même si j'ai toujours côtoyé des personnes qui ne consommaient pas de viande. Je me suis mise à suivre encore plus assidûment des personnes inspirantes comme Et pourquoi pas Coline, Alice Esmeralda, Georgia Secrets, Mango & Salt, 100% végétal, Eleusis Megara, Sissy Mua...

Après avoir mieux compris leur démarche, les raisons, les pratiques, et les bienfaits des produits d'origine végétale, j'ai décidé de diminuer ma consommation d'aliments d'origine animale en devenant flexitarienne. Je souhaite ainsi partager avec vous le fruit (héhé !) de mes recherches sur le sujet, si celui-ci ne vous est pas familier, une nouvelle vision relative à notre alimentation, ainsi que ma propre expérience ; cet article n'est que bienveillance, et j'espère que vous l'accueillerez comme tel.


Pourquoi diminuer ma consommation d'aliments d'origine animale ? 

Après quelques recherches, j'ai détecté trois grands arguments m'ayant convaincue de prêter plus attention à mon alimentation : ma santé, tout d'abord, puis le traitement des animaux, et enfin l'environnement.

1 - Les risques sanitaires

Le premier argument est ma santé. D'après plusieurs études, la chaire animale serait mauvaise pour la santé à bien des égards.


En effet, de par sa composition, elle contiendrait des acides gras saturés, qui augmentent le mauvais cholestérol, le risque d'obésité et de diabète, l'hypertension ainsi que les risques de maladies cardio-vasculaires. Information à ne pas négliger car ces maladies sont parmi celles les plus meurtrières au monde. Dans Zéro Sucre, l'auteur abordait également un risque accru de ces maladies par la consommation de sucre ; ces données invitent donc clairement à réfléchir à ce que nous ingérons. A cause de l'élevage intensif, la viande contiendrait également des éléments chimiques (hormones, antibiotiques ou OGM), néfastes pour notre santé. Je savais déjà que nous consommions des produits peu sains, mais les chiffres sont plus inquiétants que je ne le pensais (naïvement).

Une réflexion m'a plus particulièrement touchée : l'animal dont nous mangeons la viande a consommé des végétaux, les a digéré et assimilé dans son organisme. Si la viande animale nous apporte des vertus nutritionnelles, c'est parce qu'elle contient justement ceux des végétaux. Pourquoi consommer cet animal plutôt que le végétal brut, qui a conservé l'intégralité de ses bienfaits ?

D'ailleurs, il semblerait que la viande animale soit mal digérée par notre organisme humain car il s'apparente davantage à celui d'un herbivore que d'un carnivore. C'est ce qu'explique Gary Yourofsky,  défenseur des droits des animaux, en soulignant notamment la taille de notre intestin, qui est beaucoup plus long que celui des autres carnivores. Quand certains contr'argumentent en parlant de chaîne alimentaire (argument que j'aurais pu moi-même émettre), il répond : "seraient-ils prêts à aller tuer d'eux-mêmes un animal pour se nourrir ?"

2 - La maltraitance animale

Nous le savons, mais nous fermons les yeux sur cette cause (soyons honnêtes avec nous-mêmes) : les animaux sont utilisés, voire maltraités, pour que nous puissions nous délecter en mangeant leur chaire ou leur produit.


Pour l'élevage traditionnel, les animaux (qu'il s'agisse de vaches, boeufs, porcs, moutons, ou bien d'escargots et d'abeilles) ont l'opportunité de se balader dans des prés verts, parfois bio et ont de l'espace pour vivre. La question à se poser est la suivante : est-ce juste - éthique - moral d'élever des êtres vivants dans le but d'en faire ce que nous, êtres humains, voulons ?

Il s'agit là de spécisme : considérer que les êtres humains soient supérieurs aux autres espèces, établir une hiérarchisation et les traiter de façon discriminatoire. Pourquoi certains animaux seraient-ils "gentils" et d'autres "méchants", certains à domestiquer et d'autres non ? Pourquoi ne mange-t-on pas de chats ou de chiens en France ? Pourquoi ne pas traiter tous les animaux de la même façon ? Ce sont des questions qui ont vraiment résonné en moi quand j'ai vu la conférence de Gary Yourofsky, et auxquelles je n'aurais jamais pensées auparavant.

Pour l'élevage intensif des industries agro-alimentaires, nous le savons : les animaux vivent dans des conditions désastreuses : entassés, ils ne voient pas la lumière du jour, piétinés et sont gavés afin de produire le plus de viande possible. L'objectif est la rentabilité de la bête, et non son bien-être. Vous avez pu également voir des vidéos ou des reportages sur certaines maltraitances à leur encontre : ils sont battus, éviscérés vivants, castrés à vif, inséminés de force et de façon récurrente... Et encore plein d'autres horreurs leur sont réservées. Comme le soulignaient Arnaud et Georgia, 15 minutes de plaisir pour un bon repas valent-ils la mort d'un animal et les années de souffrance qui ont précédées ? De mon côté, j'estime que chaque vie est importante, et je ne souhaite pas que des animaux souffrent pour mon propre bien-être ; ce pourquoi je cherche à limiter au maximum cette souffrance par une réflexion tout d'abord sur mon alimentation.

3 - Le désastre environnemental 

L'élevage animal intensif, notamment des boeufs, porcs et poulets, est très néfaste pour l'environnement.


En effet, à lui seul il serait responsable de 15% de l'émission de gaz à effet de serre, 80% de la déforestation en Amazonie et 70% de prélèvements mondiaux en eau. Car oui, pour élever des animaux, il faut beaucoup d'espace (à la fois pour l'élevage mais aussi pour la culture des végétaux qu'ils consommeront), et beaucoup d'eau. L'élevage des animaux nécessiterait 4,5 fois plus de superficie agricole que la culture de végétaux ; de même, pour cultiver 1kg de céréales, il faudrait une tonne d'eau, tandis qu'il en faut 16 pour la même quantité de viande. Cela fait beaucoup de chiffres, mais ils m'ont paru très révélateurs : nous pouvons facilement faire changer les choses et limiter les dégâts.

Je ne vous apprends rien : les gaz à effet de serre sont nocifs pour la régulation de la température sur notre planète, et nuisent donc à la faune et la flore présents, la déforestation engendre une destruction des forêts, qui les abritent, et qui permettent de réguler aussi ces gaz nocifs, et le traitement de l'eau demande énormément de ressources.

La consommation d'aliments d'origine animale ne serait donc pas bénéfique pour la planète, que ce soit à moyen ou long terme. Je suis sensible à l'argument écologique car, de mon côté, je souhaite dans le future fonder une famille et avoir des enfants : contribuer pour leur laisser une planète en meilleure santé est une démarche qui me parait naturelle.

Je pense que si on m'avait présenté ces arguments de la sorte plus tôt, j'aurais changé mon alimentation il y a bien longtemps ; c'est pourquoi il me semblait indispensable de vous les expliciter ainsi.

Comment devenir flexitarien ?


Un flexitarien est une personne qui réduit sa consommation de viande, ou autrement dit un "végétarien flexible". J'ai décidé de devenir flexitarienne afin de ne pas changer trop brusquement mes habitudes alimentaires. Je suis en effet contre l'idée du "tout ou rien", car chaque petit acte compte. A mon niveau, je peux aider à changer les choses. Cela me semble indispensable de s'engager dans certaines démarches sans pour autant aller à l'extrême, je pense que vous saurez me comprendre sur ce point.

1 - Remplacer au maximum les produits animaux par les produits végétaux

Devenir flexitarien implique de mieux comprendre les nutriments indispensables au bon fonctionnement de notre organisme et comment se les procurer. J'ai réalisé de nombreuses recherches pour mieux connaître les nutriments essentiels à notre corps (hélas mes cours de sciences et de physiologie sont déjà bien loins dans ma mémoire !), et ai même découvert des aliments que je ne connaissais pas.


Vous le savez, notre corps a besoin de glucides (glucose, saccharose, fructose), lipides, protéines, vitamines, minéraux, oligo-éléments, fibres et d'eau. Et comme la nature est bien faite, on retrouve ces nutriments dans les produits végétaux :
  • Les protéines végétales se trouvent dans les céréales (avoine, blé, boulgour, orge, quinoa, riz, seigle) et dans les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges ou blancs, arachides, petits pois, pois cassé, soja, amandes, graines de sésame, graines de courge, graines de tournesol) 
  • Les glucides rapides, ainsi que les vitamines, minéraux et fibres se trouvent dans les fruits et légumes
  • Les glucides lents sont apportés par les céréales ou les légumes (pommes de terre)
  • Les oligo-éléments se retrouvent dans tous les éléments végétaux, notamment les fruits secs (amandes, noisettes, noix)
  • Les lipides se trouvent dans les huiles végétales (tournesol, olive, colza, noix) ou dans certains légumes (avocats)
  • Le calcium se trouve dans le lait de soja / amande / riz ou dans le tofu, par exemple

Le seul nutriment présent uniquement dans les produits d'origine animale est la vitamine B12, indispensable à la régénération de l'ADN, qu'il est possible de se procurer en complément alimentaire, ou dans les produits issus des animaux, comme les oeufs, le lait ou le fromage.

Au quotidien, à la maison, je remplace mon lait de vache par du lait d'amande, mon yaourt par du yaourt au soja, ma crème fraîche par de la crème de coco, mes steaks de viande par des steaks d'haricots rouges, mes boulettes de porc par des falafels aux pois chiches, les lardons de ma pizza par des graines de courges... La substitution devient un jeu d'enfant quand on sait ce que chaque aliment peut nous apporter !

Je continue toutefois à consommer des oeufs et du fromage (une addiction !) chez moi, et de la viande, généralement du poulet, du porc ou du boeuf, en dehors de la maison, au restaurant ou chez des amis par exemple. Ma prochaine étape de vie sera probablement de devenir végétarienne à 100%, mais je me donne encore un peu de temps pour apprendre à vivre sans viande. 

2 - Se faire plaisir en s'inspirant des gourmets végétariens

Manger est également source de plaisir (vous ne pourrez me contredire !). Dans certaines cultures, il est très facile de trouver des recettes végétales : curry de lentilles, falafels aux pois chiches, taboulé de légumes, tajine de légumes, sushis au concombre et à l'avocat, etc. Il est essentiel de s'en inspirer pour concocter de nouveaux plats dont nous n'avons pas l'habitude.

En France, certains gourmets ont créé leurs propres recettes végétariennes et végétaliennes pour proposer une alternative à nos traditionnels plats carnivores. Ce qui est top, c'est qu'on peut jouer d'autant plus avec les épices et les aliments riches en saveur, comme l'échalotte ou l'oignon.

C'est le cas de Marie, du blog 100% végétal, Georgia Secrets, ou encore Alice Esmeralda dont voici quelques recettes alléchantes :





En tant que flexitarienne, je m'inspire chaque jour de ces recettes afin de les aménager à mon alimentation, à mes envies, ainsi qu'à ce qu'il me reste dans mes placards et dans mon réfrigérateur. Ces blogs et chaînes Youtube me permettent de découvrir de nouvelles saveurs et d'expérimenter des associations que je n'aurais jamais imaginé auparavant. C'est une réelle liberté créative !

Parlons-en !


Les thématiques du bien-être, de la santé et de l'environnement m'ont toujours touchée, comme vous avez pu le constater dans mes précédents articles ; c'est ainsi que s'est inscrit cette démarche de devenir flexitarienne, afin de contribuer à un monde "meilleur". J'espère que cet article résonnera en vous, qu'il vous aura apporté une nouvelle vision d'une alimentation plus flexible.

Je vous invite à partager vos recherches, vos expériences et vos questions dans les commentaires, afin que nous puissions tous tirer le meilleur parti de ce sujet !

Pour en savoir plus sur le végétarisme

Ces articles et vidéos m'ont beaucoup aidé dans ma démarche, je vous invite à les lire ou à les visionner :

CONVERSATION

8 petits mots:

  1. Article très complet et très intéressant ! Une phrase résonne tout particulièrement, comme toi d'ailleurs :

    "l'animal dont nous mangeons la viande a consommé des végétaux, les a digéré et assimilé dans son organisme. Si la viande animale nous apporte des vertus nutritionnelles, c'est parce qu'elle contient justement ceux des végétaux. Pourquoi consommer cet animal plutôt que le végétal brut, qui a conservé l'intégralité de ses bienfaits ?" C'est sûr...

    Je pense qu'il est important d'y aller à tatons aussi, le risque étant quelque fois de "replonger" trop rapidement et de culpabiliser en voyant qu'on n'y arrive pas forcément tout de suite.

    En tout cas bravo pour ta démarche, je garde ton article au chaud surtout pour les équivalents alimentaires où je me perds pas mal !

    Bonne journée <3

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    1. Merci à toi pour ton petit mot :) Je suis ravie que cet article t'ait plus <3
      Cet argument m'a aussi touchée, je n'y avais jamais vraiment pensé comme ça auparavant ! Et je suis entièrement d'accord avec toi sur le fait d'éviter de changer trop vite de type d'alimentation, au risque de ne pas 'tenir' son objectif.
      <3

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  2. Une amie m'a recommandé ton article car il y a quelques temps j'ai décidé de réduire ma consommation de viande, j'en avais d'ailleurs parlé sur mon blog et elle m'a dit que j'étais flexitarienne. Je ne connaissais pas du tout ce terme haha En tout cas je dois avouer que lire ton article me fait énormément plaisir car tu abordes le sujet en douceur, avec des faits qui permettent d'y voir plus clair et de comprendre pourquoi nous devrions tous réduire notre consommation animale. Je voulais te laisser ce commentaire afin de te conseiller la canadienne Lauren Toyota, sa chaine de vlog et sa chaîne de cuisine vegan hot for food. Je ne sais pas si tu connais mais il y a clairement de quoi se faire plaisir avec ses petites recettes :p plein de bisous et encore merci pour ton article!

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    1. Oh, c'est adorable, merci ! Ravie d'apprendre qu'on partage les mêmes idées là-dessus. :) Merci beaucoup pour cette reco, je vais de ce pas jeter un oeil sur la chaîne de Lauren Toyota, je suis une youtube-addict et une méga fan de bouffe (haha) donc c'est parfait !
      Bises à toi <3

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  3. Ton article est très intéressant et j'aime beaucoup ta façon d'aborder la chose. Je suis tiraillée depuis quelques temps, car la cause animale me tiens à coeur mais j'ai du mal à me tourner vers "l'entièrement végétal" (j'ai conscience que c'est contradictoire et que ça peut virer à la polémique comme j'ai pu le voir à plusieurs endroits, mais soit, je suis sans doute lâche dans mon comportement et je cède à la facilité). Je ne connaissais pas du tout ce terme de flexitarien et il me plait beaucoup, l'idée de réduire, je l'ai déjà abordée dans mon alimentation au quotidien, même si je sais que je ne pourrais pas l'imposer à ma famille. Et puis au final, je ne sais pas du tout par quel bout m'y prendre dans tout ça. Comme tu l'as dit, il y a une éducation et des habitudes, ce n'est pas évident de tout bouleverser. Tout ça pour dire, chapeau pour cet article abordé de façon intelligente avec des explications claires et pas accusatrices. Objectif 2017, réduire cette consommation de viande !

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    1. Merci pour ton petit mot ! Oui, j'ai eu la même démarche que toi, et le côté flexitarien me plait plutôt bien. Y aller en douceur, pour au moins contribuer à un monde 'meilleur'. Car chaque petite action compte, il ne faut pas l'oublier ! Bon courage à toi, je suis persuadée que tu peux le faire :)
      Bises

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  4. Merci pour cet article bien fait et bien documenté qui me confirme dans mes options culinaires

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    1. Merci Line pour ce petit mot. Je suis toujours ravie d'apprendre qu'il a pu être utile, et qu'on partage le même point de vue. Belle soirée :)

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