J'ai lu : Juste avant le bonheur, d'Agnès Ledig

Agnès Ledig est une sage-femme alsacienne de 40 ans. Lorsqu'elle aide son fils à se battre contre sa leucémie, en mai 2013, elle écrit son deuxième roman, intitulé Juste avant le bonheur.

Résumé

C'est l'histoire de Julie, une jeune caissière de 20 ans, qui a eu un fils suite à une soirée arrosée. Le petit Lulu ne connait donc pas son père. Sous-payée et maltraitée par son patron, jeune mère célibataire, Julie souffre de sa situation.

Paul, un quinquagénaire généreux, aisé et nouvellement célibataire, passe à sa caisse. Il est touché par la jeune femme et l'invite tout d'abord à dîner, puis à passer quelques jours de répit en Bretagne dans sa maison. D'abord hésitante puis suspicieuse, Julie accepte, pour faire découvrir la mer à Lulu. Là-bas, ils retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui vient de subir le décès de sa femme dépressive. 

Lulu leur met du baume au cœur  et permet à chacun de panser ses plaies. 

Mais sur le chemin du retour, un chauffard roule sur l'autoroute en sens inverse... Et c'est le drame. Ces - anciennement - inconnus vont se lier pour se soutenir et se donner l'affection et la tendresse nécessaire pour sortir de ce sombre événement, avec force et humilité. 

Mes passages préférés

#1 (p.112)
- Pou'quoi tu 'igoles jamais ? demande Lulu au bout de quelques instants.
- Parce que je suis triste.
- Pou'quoi tu es t'iste ?
- Parce que ma femme est morte.
- Pou'quoi elle est mo'te ?
- Euh, parce qu'elle était triste.
- Alo's tu vas mou'i' aussi ?
- Je... non, pas forcément !
- Alo's pou'quoi tu sou'is jamais si tu vas pas mou'i' ?
Jérôme regarde alors l'enfant et lui sourit. C'est parfois si simple, la vie. 

#2 (p.115)
Il y a un petit garçon de trois ans qui a des étoiles dans les yeux en regardant la mer. Et ça, ça se savoure...
Ca se vit sans réfléchir.
Ce soir, il m'a dit 'je t'aime". Je lui ai dit 'je t'aime' en retour. Puis il a ajouté : 'Alors, on se t'aime tous les deux, maman.'

Oui, mon Lulu, on se t'aime tous les deux...

#3 (p.298)
- [...] C'est vrai, ce n'est pas écrit sur mon front que je vis avec le cœur en morceau.
- Ce n'est pas de la faute des gens. Ils ne se fient qu'aux apparences. Il faut gratter pour voir ce qu'il y a au fond. Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous à la surface. Des gros remous d'abord, qui vont gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaître. Peu à peu, la surface redevient lisse et paisible. Mais la grosse pierre est quand même au fond.

La grosse pierre est quand même au fond.

#4 (p.306)
- La vie s'apparente à la mer. Il y a le bruit des vagues, quand elles s'abattent sur la plage, et puis le silence d'après, quand elles se retirent. Deux mouvements qui se croisent et s'entrecoupent sans discontinuer. L'un est rapide, violent, l'autre est doux et lent. Vous aimeriez vous retirer, dans le même silence des vagues, partir discrètement, vous faire oublier de la vie. Mais d'autres vagues arrivent, et arriveront encore et toujours. Parce que c'est ça, la vie... C'est le mouvement, c'est le rythme, le fracas parfois, durant la tempête, et le doux clapotis quand tout est calme. Mais le clapotis quand même. Un bord de mer n'est jamais silencieux, jamais. La vie non plus, ni la vôtre, ni la mienne. [...]

#5 (p.313)
Paul appuie sur le bouton de l'ascenseur. L'attente est longue, il doit être tout en haut. Manon appuie alors à nouveau sur le bouton d'appel, pourtant allumé. Paul la regarde, amusé.
- Tu sais que ça ne sert à rien ?
- Bien sûr que si !
- A quoi ?
- A vérifier que c'était bien enclenché...
- La lumière était allumée.
- Même !
- Et tu appuies aussi plus fort sur les touches de la télécommande quand elle ne marche pas ?
- Oui pourquoi ?
[...]
- Par contre, toi, au téléphone, tu dis 'Bonjour, c'est moi'. Eh bien, à chaque fois, c'est bien toi !

Mon avis

Ce livre me faisait tout d'abord penser à Ensemble c'est tout, mon roman préféré. Des personnages brinquebalants et n'ayant peu de points communs qui se retrouvent liés pour former un ensemble cohérent. La première moitié de Juste avant le bonheur est touchante. Les rires et les larmes sont au rendez-vous. 

La seconde moitié m'a quelque peu déçue. Un trop gros drame assez évident, et qui laisse les personnages secondaires de côté. Une protagoniste principale qui semble perdue mais peu émue par le choc qu'elle a vécu. Et un tros gros hasard, dans la lignée des contes de fées : ils vécurent heureux et eurent des enfants. Pour moi, cette seconde partie n'apporte pas assez de relief et est bien trop prévisible.

Le livre reste toutefois bien écrit, et permet de mettre en avant la relativité de la vie et les bienfaits de l'optimiste.

A vous de vous faire votre propre opinion :-)

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